Alpine A310 Monté-Carlo 1975 Jean-Luc Thérier

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Un peu d’histoire sur l’horlogerie

Et quoi de mieux pour démarrer qu’un petit voyage à travers les siècles, pour en savoir un peu plus sur l’histoire de l’horlogerie ?! Du cadran solaire aux montres-bracelet modernes, on vous dévoile les coulisses de cette quête qui occupe l’Homme depuis la nuit des temps : la mesure du temps.

De l’heure solaire à la mécanique

Le premier cadran solaire est fabriqué au XVème siècle avant JC, dans l’Égypte antique. Le concept ? C’est l’ombre d’un objet vertical, placé au centre d’une table décorée de graduations, qui indique le temps qui passe. Une prouesse pour l’époque, qui a été suivie d’autres instruments comme la clepsydre (horloge à eau), qui permettait de mesurer des durées même sans la présence du soleil.

unnamedAu XIVème siècle, l’Europe fait un vrai pas en avant avec l’apparition des horloges à poids, qui n’avaient ni cadran, ni aiguilles : elles servaient uniquement à sonner les heures. C’est à peu près à la même époque qu’apparaissent les premières horloges astronomiques, des instruments comme l’Astrarium de Dondi qui indiquent la position des planètes : une vision mécanique du système solaire qui permet d’organiser la vie sociale.

Vers 1500, l’histoire de l’horlogerie devient celle des montres, avec l’apparition des premières montres mécaniques… elles auront d’ailleurs l’exclusivité jusqu’à l’arrivée du quartz, dans les années 1970 (on vous en parle la semaine prochaine !). À la demande des plus riches, les horlogers rivalisent d’idées pour confectionner les premières complications et créer des montres toujours plus petites, jusqu’à la fameuse montre à gousset !

La course à la précision
Saviez-vous qu’en 1541, une réforme protestante interdit le port d’ornements ostentatoires, et notamment de bijoux ? Les nombreux joailliers de Genève sont contraints de se reconvertir, et se tournent vers l’horlogerie. De plus, avec la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, de nombreux horlogers protestants français fuient vers la Suisse, où ils trouvent une main d’oeuvre minutieuse, patiente et persévérante. Le mythe du « Swiss made » est en marche !
unnamedAprès l’invention du pendule par Huygens, en 1657, l’histoire de l’horlogerie prend un tournant avec le développement des chronomètres de marine : motivés par la promesse d’une prime royale, les meilleurs artisans de l’époque s’attèlent à la conception d’une horloge de marine parfaite, qui permettrait aux navigateurs de connaître la longitude en permanence. C’est le début d’une course à la précision mécanique qui ne s’arrêtera plus, notamment avec l’arrivée de la mécanisation du travail et de la division des tâches, qui fait entrer l’Europe dans une période d’industrialisation de l’horlogerie.
Qu’est-ce qu’une montre mécanique ?

C’est une montre dont le mouvement fonctionne sans pile. Mais concrètement, comment ça marche ? Pour les montres à quartz (c’est-à-dire à pile), la source d’énergie qui permet de faire fonctionner la montre est la pile. Pour les montres mécaniques, la source d’énergie, c’est vous !

En remontant votre montre grâce à la couronne (placée sur le côté de la carrure, à 3h en général), vous actionnez la tige de remontoir qui entraîne un pignon. Tour à tour sont actionnés tout un ensemble de minuscules composants qui permettent finalement d’enrouler un ressort en forme de S, qui se trouve dans le barillet, autour de son axe : l’énergie est emmagasinée !

Ce ressort, en voulant reprendre sa forme initiale en S, va libérer l’énergie qu’il a stockée pour transmettre une force motrice aux différents rouages. Jusqu’à l’échappement qui va la distribuer petit à petit au balancier, pour que la montre tourne de manière constante. L’échappement empêche l’énergie d’être dépensée en une seule fois, tandis que le balancier régule le mouvement en divisant le temps en portions égales : c’est lui qui provoque le fameux « tic-tac » de votre montre. Pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare et qui veulent en savoir plus sur ces composants, rendez-vous sur le site Hodinkee. Ensemble, tous ces éléments vont permettre de faire tourner les aiguilles selon un rapport de vitesse calculé pour que la roue centrale fasse un tour en 60 min (cette roue est donc rattachée à l’aiguille des minutes), et la roue des secondes en 60 secondes (cette roue est donc rattachée à l’aiguille des secondes).
Montre automatique ou remontage manuel ?

Il existe deux types de montres mécaniques : les montres automatiques et les montres manuelles. La différence ? Pour la montre automatique, c’est la masse oscillante (aussi appelée rotor) qui tourne grâce à vos mouvements de poignet, et qui permet de remonter le ressort. Pour la montre à remontage manuel, c’est à vous de remonter régulièrement la montre à l’aide de la couronne pour ré-insuffler de l’énergie au ressort. Pour les heureux possesseurs d’une Depancel, votre montre est automatique, et on adore voir tourner la masse à travers le verre de fond de boite.

D’ailleurs, saviez-vous que le mouvement automatique avait été inventé en 1920, par l’anglais John Harwood ? Il pouvait à l’époque fonctionner jusqu’à 12h sans être porté au poignet (c’est ce que l’on appelle la réserve de marche).

Pour résumer, voici les 5 étapes principales qui permettent de faire fonctionner une montre mécanique :

  1. Le poignet bouge et actionne le rotor qui se met à tourner pour remonter le ressort de barillet
  2. Les rouages du système de transmission transmettent l’énergie vers l’échappement
  3. L’échappement permet de diffuser l’énergie de façon régulière pour entretenir les oscillations du balancier
  4. Le balancier reçoit cette énergie régulière et bat au même rythme
  5. À chaque série de battements, l’énergie est transmise aux aiguilles de la montre qui avancent sur le cadran
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Qu’est-ce qu’un boitier ?

unnamedC’est l’une des parties essentielles de la montre. Il s’agit d’une sorte de coque qui protège le mouvement des chocs, de l’humidité ou de la poussière. Un vrai défi pour les horlogers, car il est composé de plusieurs pièces indépendantes fabriquées individuellement.

Le boîtier contient tous les composants de la montre et permet de lire l’heure via le cadran, dont on vous parlera bientôt. Il est d’autant plus important qu’il participe à l’ergonomie et à l’esthétique de la montre, puisqu’il peut prendre des formes et des tailles très différentes.

Le boîtier est composé de plusieurs éléments : la carrure, la lunette et le fond de boîte.

  • La carrure se trouve entre le fond du boîtier et la lunette de la montre. Il s’agit de la pièce principale, qui abrite le mouvement et où sont fixées les cornes (qui tiennent le bracelet).
  • La lunette est l’anneau fixé sur la carrure et qui permet de tenir le verre. Elle aide à l’étanchéité de la montre et participe à son esthétique. Elle peut être mobile, par exemple pour pouvoir mesurer un temps sur une montre de plongée.
  • Le fond est le couvercle à l’arrière de la montre. Il peut être en verre pour laisser voir le mouvement.

On passe à la partie plus technique : comment fabrique-t-on le boîtier d’une montre ?

  1. Tout d’abord, il faut choisir la matière. Le boîtier est généralement en acier inoxydable, pour l’horlogerie de luxe il s’agit même d’acier 316L chirurgical (comme c’est le cas pour les montres Depancel). Mais il peut aussi être en or, en platine ou en titane, en carbone, etc.
  2. La première forme s’obtient grâce à un procédé de frappe à froid. On vient déformer un lopin (cylindre d’acier) par frappes successives qui lui donneront sa forme initiale : c’est l’ébauche de la carrure.
  3. Une fois l’ébauche réalisée, la carrure prend la direction du fraisage où une machine outils à commande numérique découpe la matière précisément pour obtenir la forme finale exacte du boîtier. Le plus souvent, le boîtier est rond, carré ou rectangulaire, mais il peut aussi être ovale, en tonneau ou de toute autre forme.
  4. La pièce de métal est ensuite confiée à des artisans pour réaliser à la main les finitions.

Au-delà des matériaux choisis, on reconnait la valeur d’une montre à la qualité des finitions apportées aux éléments qui la composent. Ainsi, le boîtier peut recevoir différents types de finitions visant à le mettre plus en valeur.

  • Le polissage : il s’effectue à la main et peut prendre plusieurs heures par boîtier. C’est une technique très difficile et méticuleuse qui utilise des disques recouverts de pâte abrasive afin d’obtenir une surface à la fois pure et raffinée.
  • Le brossage : cette technique consiste à napper à la main des surfaces du boîtier d’un ensemble de rayures extrêmement fines et parallèles. On obtient une finition douce, une alternative à la brillance des surfaces polies.

Certains boîtiers subissent également un traitement PVD (Physical Vapor Deposition). Il s’agit d’un procédé qui permet de déposer un mince film de matière sur une pièce, par vaporisation sous vide. Par ce traitement de surface, on obtient une couche de 6 micromètres de matière pour colorer le boîtier, en bronze ou en noir par exemple.

Qu’est-ce qu’un cadran ?

Pour faire simple, le cadran est la surface qui permet de lire l’heure et que l’on trouve à l’intérieur de la montre, sous le verre et sous les aiguilles. Dans le monde horloger, on dit qu’il s’agit du « visage » de la montre. Le cadran est en général de forme ronde, mais il s’adapte au boîtier et peut donc tout à fait devenir rectangulaire ou carré.

Il est plat dans la majorité des cas, mais peut aussi être incurvé (les aiguilles en suivent alors la courbe), ajouré (pour voir le mouvement) ou encore comporter plusieurs niveaux pour favoriser la lisibilité des différentes indications.

Sur un cadran, on retrouve les différentes informations données par le mouvement comme les heures, les minutes, les secondes, le jour, le mois, l’affichage 24h, etc. Ces différentes informations sont indiquées grâce à différentes échelles de mesure, codes graphiques et chiffres : le challenge pour les horlogers, c’est de rendre toutes ces indications lisibles et esthétiques !

La fabrication d’un cadran se fait en plusieurs étapes et presque tout est possible en matière de créativité, de matériaux, de finitions et de couleurs.

Généralement, le fond du cadran est réalisé avec des machines industrielles d’une extrême précision. Ensuite, le cadran passe entre les mains d’un cadranier qui va le terminer manuellement. C’est lui qui va créer les fenêtres nécessaires pour apercevoir des indications comme la date, coller ou encore assembler les différentes décorations du cadran. C’est un travail extrêmement minutieux qui existe depuis plusieurs siècles !

Au niveau des décorations et des finitions, il existe de nombreuses possibilités et nous vous parlerons plus en détail de tout ça prochainement ! On vous en donne un petit aperçu ici avec le cadran de notre collection AUTO, qui possède un gaufrage estampé. Pour obtenir le relief, le cadran est inséré entre un moule métallique (comportant le motif désiré) et une contrepartie correspondante. On applique ensuite une forte pression pour déformer à chaud la matière et retrouver ainsi un clin d’œil aux compteurs de voitures vintages.

Les aiguilles : tout dans le détail

Tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, l’expression est entrée dans le langage courant, mais d’où vient-elle ? On vous en parlait dans une précédente newsletter avec le cadran solaire : les aiguilles d’une montre tournent comme l’ombre d’un bâton. Dans l’hémisphère Nord, le soleil se lève à l’Est pour se coucher à l’Ouest. Le sens de rotation des aiguilles d’une montre correspond ainsi à l’ombre projetée sur le cadran solaire.

Jusqu’au XVIIe siècle, la précision des montres mécaniques faisait défaut, et une seule aiguille était donc suffisante pour indiquer les heures. C’est avec l’invention du balancier spirale par Huygens, en 1675, que la montre devient un outil de précision et qu’on lui ajoute une seconde aiguille.

Si les matériaux traditionnels sont toujours de mise (l’or, l’acier et le laiton), on voit apparaître des formes diverses et variées. Il existe 1 000 formes d’aiguilles (on exagère à peine) mais nos amis du Petit Poussoir on fait un très bon article reprenant les formes les plus communes, n’hésitez pas à y jeter un œil.

En 1898, Pierre et Marie Curie découvrent le radium. À la tête de la marque de montres Lip, Ernest Lipmann décide d’utiliser cette substance sur les aiguilles, afin qu’elles soient visibles dans le noir. Une innovation majeure et très utile pour l’époque, où la lumière était bien moins facile à avoir qu’aujourd’hui. La radioactivité étant dangereuse pour les personnes dans les ateliers et pour ceux qui la portent, le radium est aujourd’hui remplacé par d’autres substances comme le Superluminova, non-radioactif, qui permet de faire briller les aiguilles et index même dans l’obscurité.

Le verre de montre

À l’époque des montres de poche, un couvercle à ressort servait de protection pour le verre et le cadran de la montre. On les appelait « montres savonnettes » ou « montres à ressort ».

Puis, avec l’arrivée des montres-bracelets, les couvercles à ressort ont progressivement disparu, rendant le verre beaucoup plus vulnérable aux rayures, aux chocs ou à la poussière. Il a donc fallu adapter les caractéristiques du verre, le rendre plus fiable et résistant, sans pour autant diminuer la lisibilité, un vrai challenge pour les horlogers de l’époque !

Il a aussi fallu trouver un moyen fiable de fixer le verre sur la montre, tout en garantissant son étanchéité : celui-ci est aujourd’hui logé dans un cran de glace, une petite cavité creusée dans la lunette du boîtier ou directement dans la carrure. Pour les montres de plongée, un joint de glace est ajouté afin d’assurer l’élasticité nécessaire pour parer le phénomène de surpression.

Dans l’industrie horlogère, il existe aujourd’hui trois types de verre aux caractéristiques et aux niveaux de qualité différents : le verre acrylique, le verre minéral et le verre saphir.

  • Le verre acrylique est également connu sous le nom de verre hésalite ou de plexiglas. Il est fabriqué à partir de plastique transformé et c’est le verre le plus abordable du marché. Il est aussi le moins résistant aux rayures et aux fissures en cas d’impact, mais à l’avantage de pouvoir être poli pour effacer complètement les légères rayures.
  • Le verre acrylique peut être moulé afin d’obtenir des formes élaborées, ce qui n’est pas possible avec les autres types de verre.
  • Le verre minéral est le type de verre le plus utilisé dans l’horlogerie, et ce depuis des centaines d’années ! Il s’agit d’un type de verre abordable, il est plus résistant aux impacts et insensible aux rayons UV. Il dispose d’une faible résistance aux rayures, qui peut cependant être améliorée grâce à divers traitements. Par contre, contrairement au verre acrylique, il ne peut pas être poli pour faire disparaître les rayures.Privilégié par les marques de montres haut de gamme, le verre saphir est un matériau synthétique fabriqué à partir d’oxyde d’aluminium cristallisé à haute température. Il possède les mêmes propriétés que le saphir naturel, qui est le deuxième matériau le plus dur après le diamant. Il est donc beaucoup plus résistant aux rayures, voire même quasiment inrayable ! Son prix est plus élevé car le verre saphir est usiné en utilisant du diamant.

La dureté (et donc la résistance) des verres peut être mesurée grâce à l’indice Vickers. Pour compléter les informations précédentes, voici les indices Vickers de ces 3 différents matériaux : pour le verre acrylique, la dureté Vickers est d’environ 500 ; elle se situe entre 500 et 800 pour le verre minéral, et est de 2 300 pour le verre saphir… C’est 250% plus solide que de l’acier trempé !
À l’œil nu, impossible de faire la différence entre ces types de verre, ils se ressemblent énormément. La seule manière infaillible de faire la différence n’est pas très pratique : il s’agit du test de rayure (Un couteau en acier ou un tournevis rayera un verre minéral mais pas un verre saphir).

Sinon, on peut aussi s’en remettre au test de la goutte d’eau : si on applique une goutte d’eau (à la pipette si possible) sur un verre saphir propre et qu’on l’incline verticalement, la goutte d’eau reste et s’écoule difficilement. Si elle coule facilement, comme sur une vitre, alors c’est un verre minéral. Mais ce test peut très vite être faussé par les différents traitements ajoutés sur le verre, il n’est donc pas fiable à 100%.

Complications : horlogères ou non horlogères ?

On peut distinguer les complications horlogères des complications non-horlogères. La différence ? Les complications horlogères sont liées à l’indication du temps qui passe, alors que les complications non-horlogères sont des fonctions qui donnent des informations autres. Par exemple : le baromètre, l’altimètre, ou encore la boussole.

Plus il y a de complications dans une montre, c’est-à-dire de fonctions ajoutées au mouvement, et plus ces fonctions sont élaborées, plus la montre est qualifiée de complexe et fait preuve d’un grand savoir-faire horloger. Les complications ou fonctions de base sont celles qui sont utilisées le plus fréquemment dans l’horlogerie mécanique, et qui sont par définition les plus simples. On vous propose d’en savoir plus sur ces complications :

Date, jour et mois : le calendrier, également appelé quantième, est une complication très répandue. La date s’affiche en général à travers un guichet (les nombres sont peints sur un disque qui tourne sous le cadran) ou grâce à une aiguille. Pour le jour de la semaine et le mois, le principe est le même, ce sont des disques qui bougent, aux alentours de minuit, jusqu’à afficher la date suivante.

Grande date : c’est une date plus complexe, qui utilisent deux disques au lieu d’un seul : un pour les dizaines, un pour les unités. Les montres équipées d’une grande date possèdent souvent un cadran au design pensé pour mettre en valeur cette complication.

Affichage 24h : la fonction 24h est présentée sur le cadran sous la forme d’un petit compteur, dont l’aiguille effectue un tour complet en 24h et non pas 12h. Cette complication permet de se situer immédiatement dans la journée, et est donc particulièrement importante pour les pilotes ou les astronautes, qui traversent différents fuseaux horaires dans les deux sens ou qui sont privés de la vue du soleil comme point de repère.

Phase de lune : la lune a toujours joué un rôle déterminant dans la mesure du temps. Aujourd’hui, connaître la phase de lune a perdu de son utilité, mais il s’agit d’une complication particulièrement appréciée pour son côté esthétique !
Elle fonctionne grâce à un disque sur lequel sont représentées deux lunes, qui fait un tour complet en deux cycles lunaires (un cycle correspondant à 29,5 jours, il est plus facile de représenter deux cycles sur un disque, ainsi composé de 59 dents). La fenêtre de cette complication possède un design qui permet de cacher une partie de la lune, et ainsi de refléter la phase de lune telle que l’on peut la voir dans le ciel : nouvelle, croissante, pleine ou décroissante.
La précision de cette complication n’est pas totale car en réalité, un cycle lunaire correspond à 29 jours, 12 heures et 44 minutes, soit 29,53 jours. Mais il existe des phases de lune plus complexe, qui peuvent rester exactes pendant 122 ans… un horloger indépendant à même conçu une phase de lune qui dévie d’un seul jour tous les deux millions d’années ! Voici une vidéo qui permet de comprendre cette complication en images (vous pouvez activer la traduction des sous-titres dans les paramètres).

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GMT : la fonction GMT (Greenwitch Mean Time) permet d’afficher l’heure de deux ou plusieurs fuseaux horaires, en plus de l’heure locale, elle est donc particulièrement utile en voyage. Les 24 différents fuseaux horaires ont été établis en 1884 : avant cette date, chaque région ou ville avait sa propre heure, celle-ci dépendant de la position du soleil, ce qui posait des problèmes d’horaire et entraînait des accidents, notamment avec l’arrivée du train. Le point de référence est le fuseau GMT, et l’heure locale s’indique donc en fonction de ce fuseau. Par exemple, GMT +1 pour Paris.
La fonction GMT indique des fuseaux horaires additionnels au moyen d’une aiguille qui fait un tour en 24h. Une lunette graduée sur 24h aide souvent à la lecture de ce second fuseau horaire, et peut même permettre d’en afficher un troisième lorsqu’elle est rotative. Il existe également un système d’heure universelle, qui permet de connaître l’heure dans n’importe quel endroit du globe grâce à deux disques concentriques situés sur le bord du cadran.

Réserve de marche : elle fonctionne comme une jauge d’essence et permet de connaître la quantité d’énergie encore disponible dans le mouvement. Cela permet de remonter la montre avant de se retrouver à cours d’énergie, et donc avec une montre arrêtée qu’il faudra à nouveau régler.

Qu’est-ce qu’un chronographe ?

Le mot chronographe vient des mots grecs khrónos (temps) et gráphô (écrire). Il sert à mesurer des temps courts à la demande, comme les intervalles de temps d’une course, au cinquième ou dixième de seconde près… et ce, indépendamment des autres indications de la montre. Il puise son énergie dans le calibre de la montre, mais n’y est relié que lorsqu’on active le chronographe, par un système d’embrayage. Cela permet de limiter l’impact de la complication sur la précision du mouvement le reste du temps.

Pour démarrer, arrêter et remettre à zéro le mécanisme de mesure du temps sans stopper le mouvement principal, on utilise des boutons-poussoirs. Un unique bouton peut également les trois actions, il s’agit alors d’un chronographe monopoussoir (c’est la version la plus ancienne), en opposition aux chronographes multipoussoirs, plus modernes et intuitifs à utiliser.

Il existe de nombreuses configurations, mais la plus répandue est celle où l’aiguille des secondes du chronographe est placée au centre, et celles des heures et des minutes (qui permettent de totaliser le nombre de tours effectués par l’aiguille du chronographe) dans deux petits compteurs, pour garantir une lisibilité maximale.

Le tout premier chronographe connu est le « compteur de Tierces », fabriqué en 1815 par Louis Moinet. Il s’agit d’un instrument de mesure astronomique, mesurant le soixantième de seconde au moyen d’une aiguille centrale effectuant un tour par seconde et pouvant être démarrée, stoppée et remise à zéro à l’aide d’un poussoir. Pour atteindre cette précision, cette aiguille centrale battait à 216 000 vibrations par heure, un chiffre impressionnant en sachant qu’aujourd’hui, un mouvement mécanique « normal » bat à environ 28 800 vibrations par heure !

C’est plus tard, en 1821, que l’on entend parler pour la première fois du mot « chronographe », avec l’horloger Nicolas-Mathieu Rieussec qui utilise une de ses inventions pour chronométrer des courses de chevaux à Paris. Il fait breveter son « chronographe à secondes » en 1822. Le sens grec du mot, « écrire le temps », prend alors tout son sens puisque l’appareil consiste à déposer de l’encre sur le cadran rotatif pour mesurer les intervalles de temps.

Les premiers chronographes-bracelets voient le jour au début du vingtième siècle et sont équipés d’un seul poussoir permettant de gérer les trois fonctions. C’est en 1934 qu’un second poussoir sera créé pour gérer la remise à zéro de façon indépendante. Enfin, en 1969, les premiers mouvements de chronographes automatiques apparaissent.

Chronographe / chronomètre : quelle différence ?

unnamedLe chronomètre est une montre extrêmement précise capable d’indiquer les secondes. Pour pouvoir être appelée chronomètre, la montre doit obtenir un certificat du Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres (COSC), qui teste la montre sur sept critères durant deux semaines, à 8, 23 et 38°C et dans cinq positions différentes.

Un chronographe peut donc être également un chronomètre, mais il doit alors avoir obtenu le certificat officiel.

Le chronographe flyback : également appelé « retour en vol », le chronographe flyback permet une remise à zéro et un redémarrage instantané d’une nouvelle mesure. La fonction flyback permet des mesures de temps très rapprochées les unes des autres, sans avoir à appuyer 3 fois sur le bouton-poussoir. Elle a d’ailleurs été développée pour les pilotes au début du XXème siècle.

Le chronographe à rattrapante : il s’agit du chronographe le plus compliqué, puisqu’il permet de mesurer plusieurs temps intermédiaires à la suite. Il est équipé de deux aiguilles superposées, qui peuvent mesurer deux événements débutant au même moment, mais de durée différente (les temps de course de deux sprinters par exemple). Un première pression arrête la première aiguille, la seconde continue de tourner jusqu’à la seconde pression, et on peut ainsi lire les deux mesures et la différence de temps entre les deux.

Le chronographe à foudroyante : ce chronographe permet de mesurer les fractions de secondes. Il est équipé d’une aiguille effectuant un tour en une seconde et s’arrêtant 4, 5, voire 8 fois pour indiquer quarts, cinquième ou huitième de seconde.

L’invention du tourbillon

On doit cette incroyable invention à l’horloger français Abraham-Louis Breguet, qui a développé le tourbillon au début du XIXème siècle. À l’époque, il est horloger à la cour et réalise que le fonctionnement du balancier spiral qui anime ses montres souffre des effets de la gravité (vous vous souvenez du fonctionnement du ressort et du balancier évoqué dans notre deuxième newsletter ?!).

Pour conserver toute sa précision, un mouvement mécanique doit impérativement fonctionner de façon régulière. Pourtant, à cause de la gravité, plutôt que de battre de façon régulière et concentrique, les spires du ressort peuvent se déformer et les oscillations du balancier peuvent être perturbées.

unnamedLes montres de l’époque étant des montres de poche, elles étaient d’autant plus exposées à la gravité que nos actuelles montres-bracelets, puisqu’elles se portaient dans la poche, donc dans une seule position verticale.

À défaut de pouvoir annuler l’attraction terrestre, il a donc fallu trouver un moyen d’annuler l’effet de la gravité. L’idée de Breguet ? Installer l’ensemble du mécanisme de la montre (balancier, spiral, ancre et roue d’échappement) sur un axe central, une sorte de cage mobile capable de tourner sur elle-même de façon régulière. De cette façon, le mouvement reste sensible à la pesanteur, mais comme il passe par toutes les positions possibles, les éventuels accélérations, ralentissements et variations se compensent naturellement pour produire une marche moyenne, plus stable et qui rendrait donc la montre plus précise.

Le tourbillon, c’est donc cet organe régulateur qui tourne sur lui-même. Il est en général fixé entre le fond du mouvement, la platine et le pont (une pièce de maintien placée du côté du cadran). Un tourbillon « volant » est fixé uniquement sur le fond du mouvement, et permet une meilleure visibilité pour admirer cette petite merveille !

Au-delà de son intérêt technique, le tourbillon a toujours fasciné par sa complexité et par sa beauté. Les horlogers ont d’ailleurs rivalisé d’idées pour créer des mécanismes toujours plus complexes et beaux à regarder !

Les tourbillons multiples : certaines montres intègrent plusieurs tourbillons, qui peuvent même être interconnectés pour extraire une moyenne de ces différents tourbillons. C’est le cas par exemple du « tourbillon des tourbillons » d’Antoine Preziuso.

Les tourbillons multi-axiaux : pour ce type de mécanisme, la cage du tourbillon est intégrée dans d’autres systèmes rotatifs, permettant à l’échappement de tourner sur deux voir trois axes. La précision est donc encore améliorée. Le « Gyrotourbillon » de Jaeger-LeCoultre en est un exemple très impressionnant, il s’agit d’un tourbillon « volant » qui tourne dans trois dimensions différentes !

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Le bracelet de montre

Apparu au 19ème siècle pour remplacer la traditionnelle montre à gousset, le bracelet sert à maintenir la montre sur votre poignet, mais participe aussi énormément à l’esthétique globale et au confort de la montre. Matériaux, fabrication, boucles, on vous parle de cet accessoire incontournable pour tout passionné de belle horlogerie.

Le bracelet en cuir

Accessible, durable et fiable, le cuir est un matériau noble utilisé en horlogerie depuis l’apparition des montres-bracelets. La forme traditionnelle fait appel à une bande de cuir tannée, teintée et cousue pour offrir différentes couleurs et niveaux de résistance. On trouve des bracelets cuir très souples et d’autres nettement plus rigides. Avec le temps, ils se patinent et donne ainsi encore plus de caractère à la montre.

C’est un excellent choix quand on recherche un bon rapport entre confort et style, mais le cuir réagit à l’humidité, il faut donc éviter de le mouiller. Un bracelet en cuir se compose de plusieurs couches et peut être façonné avec différentes formes, épaisseurs, couleurs, types de coutures ou doublures.

La production artisanale d’un bracelet en cuir peut exiger jusqu’à 80 étapes de fabrication, dans le cas d’un cuir d’alligator par exemple.

Le bracelet NATO

S’il est aujourd’hui synonyme de créativité et d’un look baroudeur, le bracelet NATO a été créé en 1973 à la demande du Ministère de la Défense Britannique (British MOD). À cette époque, les bracelets en cuir n’étaient pas adaptés aux climats tropicaux à cause de l’humidité ambiante, et les bracelets métalliques réfléchissaient trop la lumière, risquant de faire repérer les soldats, et pouvaient aussi entraîner la perte de la montre en cas de choc.

La British MOD a donc établi un cahier des charges très précis pour équiper ses soldats d’un bracelet très résistant voire inusable et capable de s’adapter à tous les terrains. Parmi les caractéristiques principales originelles : un bracelet d’une seule pièce, en nylon tissé gris de 1,2 mm d’épaisseur, de 20 mm de large et de 280 mm de long, pour être fixé sur les épaisses combinaisons des plongeurs de la Navy.

Quant au nom, NATO, savez-vous d’où il vient ? C’est un abus de langage qui fait référence à l’OTAN (NATO en anglais), car s’agissant d’un accessoire adopté par l’armée Britannique, il a été codifié avec une référence de commande inter-pays signataires qu’on appelle un NSN (NATO Stock Number).

Aujourd’hui, le bracelet NATO est disponible en plusieurs matières, coloris et avec des types de boucles très variés.

Le bracelet métallique

Les bracelets métalliques sont très résistants, parfaitement étanches et faciles à nettoyer. Ils ont fait leur apparition plus tard, car ils nécessitent des moyens particuliers en termes de conception et de fabrication.

Chaque bracelet constitue un assemblage de dizaines de composants qui créent un puzzle flexible.

Les différents types de boucles

unnamed1unnamedLa boucle est un ensemble de trois à plusieurs dizaines de composants qui permet de fixer ensemble les deux extrémités libres du bracelet. Une boucle doit être bien conçue et réalisée pour durer, ménager la peau et rester toujours bien fermée. Il existe deux types de boucles :

  • La boucle à ardillon : la plus simple et la plus ancienne, qui se compose d’un ardillon encerclé par un cadre et rattaché au bracelet grâce à une barrette. Ce type de boucle ne fonctionne que sur les bracelets souples, comme le cuir.
  • La boucle déployante : c’est un système de fermeture constitué d’un ou deux rabats métalliques et équipé d’un système de verrouillage. Cette construction permet d’éviter que la montre tombe par accident et empêche aussi l’usure prématurée du bracelet à cause de l’ardillon qui le traverse.

Le quantième ?

Sur un quantième simple, le disque rotatif indique un numéro de jour entre 1 et 31, vous devez donc modifier la date manuellement pour les mois composés de moins de 31 jours. Un quantième annuel tient compte des variations du nombre de jours, mais nécessite une intervention manuelle pour les années non bissextiles.

Un quantième peut être « instantané » : ça signifie que le changement se fait instantanément à minuit, contrairement au quantième classique pour lequel le changement s’effectue progressivement entre 21h00 et 2h00 (c’est pour cela qu’il est fortement déconseillé de régler sa montre sur cette tranche horaire, cela risquerait d’abîmer les mécanismes).

Un quantième peut également indiquer le jour de la semaine et le mois, mais ce n’est pas systématique. Certaines montres affichent même l’année, à l’aide de trois disques : un pour le 21ième siècle (« 20 »), un pour les dizaines et un pour les unités. Le disque qui indique le siècle avance donc une fois tous les 100 ans… L’apologie de la lenteur !

Le quantième est qualifié de « complet » lorsqu’il indique la date, le jour, le mois et la phase de lune.

Le quantième perpétuel est inventé au XVIe siècle et repose sur le calendrier grégorien, établi par le pape Grégoire XIII en 1582. Il est en quelque sorte un calendrier sans fin, qui tient compte automatiquement des mois de 28, 30 et 31 jours, ainsi que du retour du 29 février à chaque année bissextile.

D’abord présent uniquement dans quelques horloges monumentales, c’est grâce à Abraham-Louis Breguet qu’il fait son apparition dans les montres de poches au XVIIIe siècle. Ce n’est qu’en 1925 que l’on repère la première montre-bracelet équipée d’un quantième perpétuel, une Patek Philippe dont le mouvement QP provenait d’une montre pendentif. Le premier calibre à quantième perpétuel spécialement réalisé pour une montre-bracelet apparaît en 1929, avec la Breguet 4244.

Le quantième perpétuel est une complication qui résulte d’une mécanique extrêmement complexe au niveau des rouages du calibre et témoigne ainsi du savoir-faire incroyable des horlogers. À l’époque, il fallait plusieurs années pour créer ce mécanisme ! Je vous propose d’étudier un peu plus en détail comment il fonctionne, avec un QP d’Audemars Piguet.

Une montre à quantième basique est équipée d’un jeu de roues relié à celui des heures et minutes : il y a une roue dédiée au jour, une à la date et enfin une autre dédiée au mois. Mais un quantième perpétuel doit également tenir compte des mois plus courts et des années bissextiles. Il intègre donc un mécanisme supplémentaire composé d’une étoile des mois (qui indique la durée de ces derniers) et d’une came bissextile.

  • L’étoile des mois est composée de sections saillantes (qui représentent les mois de 31 jours) et d’encoches (pour les mois de 30 jours).
  • La came bissextile est intégrée dans cette étoile des mois, et composée d’un petit rectangle qui tourne de 90 degrés chaque année (il fait donc un tour en 4 ans, permettant d’indiquer l’année bissextile).
Pour comprendre ce mécanisme de façon plus visuelle, je vous propose de découvrir cette vidéo où vous verrez l’étoile des mois en action.
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Histoire de la seconde morte

À l’origine, les montres mécaniques ne disposait pas de fonction « stop seconde », ce mécanisme qui permet d’arrêter la course de l’aiguille des secondes lors de la mise à l’heure. Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, les horlogers cherchent donc un mécanisme permettant d’immobiliser celle-ci pour effectuer des mesures. La seconde morte fait son apparition, et implique d’abord l’arrêt du mouvement.

En 1776, l’horloger suisse Jean Moïse Pouzait expose le principe d’une montre à seconde morte indépendante. Véritable précurseur du chronographe, elle est dotée d’un deuxième corps de rouage permettant de stopper puis de ré-enclencher à volonté la trotteuse sans perturber la marche du mouvement. Une solution qui permettait de mesurer des temps courts, même si elle obligeait à noter le début de la mesure et à faire un calcul, la trotteuse ne pouvant pas encore être ramenée à zéro.

Au XIXe siècle, l’optimisation de ce mécanisme et l’invention de la fonction « remise à zéro » permettent d’aboutir au chronographe que l’on connait aujourd’hui.

À l’heure des chronographe et des stops seconde, la seconde morte a perdu de son intérêt technique et est petit à petit tombée dans l’oubli. Pourtant, elle reste appréciée des connaisseurs pour son histoire, et quelques marques s’attachent à remettre à l’honneur cette complication empreinte de tradition.

C’est le cas par exemple de la manufacture DeWitt avec la montre Academia Out of Time, qui propose une interprétation non conventionnelle qui oppose la régularité du temps (avec la seconde morte comme régulateur), à la notion de temps qui passe (à travers un disque sans aucune information mais toujours en mouvement).

Origines de la montre panda

Un cadran « Panda » fait référence au cadran d’un chronographe dont le fond est blanc alors que les compteurs secondaires sont noirs. Le terme apparait dans les années 60, inventé par les collectionneurs eux-mêmes en référence aux yeux de l’animal éponyme alors que ce type de cadrans était très populaire. Le terme de « Panda inversé » est quant à lui utilisé lorsque le fond est noir et les sous-compteurs blancs.

Mais au-delàx de l’aspect esthétique, pourquoi les horlogers ont-ils inventé ce type de cadran ? La réponse est simple : les chronographes Panda ont été conçus pour augmenter la lisibilité en créant un contraste fort entre le cadran et les compteurs.

Un détail technique très apprécié des amateurs, et qui a permis à quelques marques de signer des best-sellers, comme Omega avec sa Speedmaster.

Le mythe des célèbres Rolex Daytona de Paul Newman

unnamedCertains modèles Panda anciens atteignent aujourd’hui des prix records lors des ventes aux enchères. Mais le plus gros succès, c’est la célèbre Daytona Paul Newman de Rolex, la montre la plus chère du monde, qu’on a déjà mentionnée dans notre email sur les liens entre horlogerie et automobile.
Pourquoi « Paul Newman » ?

Car le célèbre acteur est connu pour son engouement pour les Rolex Daytona, il a été l’un des premiers à en porter et en a possédé plusieurs références. Il a été photographié durant ses heures de gloire avec une Rolex Daytona 6239 au cadran exotique (caractérisé par la présence d’indexes dans ses sous-compteurs) à de nombreuses reprises… En 2017, l’exemplaire porté par Paul Newman a été vendu plus de 15 millions par la maison de vente aux enchères Philips à New York.

Une pépite pour les collectionneurs
Pour comprendre l’engouement pour ces montres emblématiques, je vous propose de découvrir l’incroyable histoire de ce vétéran de l’aviation américaine : dans les années 70, il fait l’acquisition d’une Rolex Oyster Paul Newman 6263 pour 345,97 dollars. Une montre qu’il ne portera jamais de peur de l’abimer, et qu’il garder pendant près de 40 ans dans un coffre avec toute sa documentation originale. Je n’en dis pas plus, et je vous laisse découvrir sa réaction lorsqu’il en découvre l’estimation !

Aujourd’hui, les montres Panda reviennent sur le devant de la scène, poussés par l’engouement des collectionneurs pour le vintage. De nombreuses marques s’appuient sur leurs modèles Panda iconiques pour proposer des rééditions : les cadrans se déclinent en d’autres couleurs que le traditionnel bicolore noir et blanc, pour le plus grand plaisir des passionnés.

L’heure sautante

Les montres à heure sautante tirent leur nom directement de leur fonctionnement. Sur un garde-temps classique, on consulte l’heure en regardant en premier l’aiguille des heures, puis l’aiguille des minutes et éventuellement la trotteuse.

A l’inverse, les montres à heure sautante offrent une façon très différente de consulter l’heure : toutes les 60 minutes, affiché au format numérique à travers un guichet, le chiffre indiquant l’heure change automatiquement. Un petit événement que l’on ne veut surtout pas rater… Attention à ne pas cligner des yeux au mauvais moment !

La première montre à heure sautante, on la doit à nouveau à Breguet. Le célèbre horloger conçut dès la première moitié du XIXème siècle une montre dont l’heure sautante s’affichait au moyen d’une aiguille. L’aiguille des heures était fixe sur une heure, et quand l’aiguille des minutes terminait sa course de 60 minutes, l’aiguille des heures se déplaçait alors d’un mouvement instantané à l’heure suivante.

Le problème avec ce système ? Le propriétaire pouvait très facilement se tromper d’une heure, lorsque l’aiguille des minutes arrivait à la fin de sa course, mais que l’heure n’avait pas encore sauté. Et c’est ainsi que les horlogers ont commencé à chercher un nouveau système pour mettre en œuvre cette complication.

Peu à peu, c’est l’affichage numérique, au moyen d’un guichet, qui s’impose. En 1882, l’ingénieur autrichien Josef Pallweber eut l’idée de créer un affichage a chiffres présenté sur des disques rotatifs, en complément des aiguilles traditionnelles. Cette complication gagna en popularité jusqu’au début du XXe, et le principe du mécanisme inventé par Pallweber fut ensuite appliqué aux montres-bracelets à partir des années 1920. C’est de ce brevet que sont inspirées les montres à heure sautante telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Que se passe-t-il derrière les apparences ? A première vue, cette complication peut paraitre d’une simplicité enfantine. Pourtant, elle fait appel à un ingénieux système de disque rotatif numéroté de 1 à 12, qui tourne brusquement d’un cran toutes les 60 minutes pour afficher l’heure suivante instantanément. Le disque se bloque alors dans cette position pour les soixante minutes suivantes.

Pour parvenir à ce mouvement instantané si simple en apparence, l’horloger assemble plus d’une centaine de pièces. Un travail de plusieurs jours qui fait d’une montre à heure sautante un véritable objet d’exception, très recherché par les collectionneurs.

Certaines manufactures, comme A. Lange & Söhne avec sa Zeitwerk, proposent même des garde-temps encore plus complexes. Cette montre combine heure sautante et minutes sautantes, et cache donc un mécanisme particulièrement impressionnant.

Calibre extra plat

unnamedAu sens strict, une complication est une fonction qui s’ajoute à l’indication de l’heure, des minutes ou des secondes : l’extra-plat n’en est donc pas une. Et pourtant, même dans le cas d’un calibre plutôt simple, concevoir un mouvement extra-plat représente une réalisation si complexe qu’elle en devient une complication à part entière… Un moyen de démontrer son expertise dont certaines maisons horlogères ont fait leur spécialité.

Pour un horloger expérimenté, concevoir un calibre automatique deux aiguilles s’apparente à un jeu d’enfant. Mais le rendre extra-plat relève du casse-tête ! Elaborer un mouvement extra-plat, c’est s’attaquer à un challenge de taille qui consiste à réduire le volume de chaque composant et à supprimer le superflu tout en conservant la rigidité et la solidité indispensables au bon fonctionnement de tout mouvement mécanique.

Caractérisées par une finesse et une légèreté extrême, la majorité des montres extra-plates contiennent des mouvements relativement simples en termes de fonctionnalité. Mais certaines manufactures sont allées encore plus loin pour atteindre des records de finesse pour leurs mouvements à complications : c’est le cas de Piaget, leader de l’extra-plat, dont les montres à répétition-minutes, à quantième perpétuel ou encore chronographe sont parmi les plus fines du marché.

Depuis plus d’un siècle, la course à l’extra-plat anime l’esprit créatif de nombreux horlogers et manufactures, qui rivalisent d’idées et d’ingéniosité pour battre de nouveaux records dans ce domaine de l’infiniment petit.

Chez Vacheron Constantin, les archives retracent l’existence, dès 1931, d’une montre de poche dont le mouvement manuel mesurait moins d’1 mm (0,98 mm exactement). Mais la manufacture est célèbre pour son calibre 1003, un mouvement à remontage manuel développé à partir de 1952 et considéré comme le plus beau de l’époque. D’un diamètre de 21,1 mm et d’une épaisseur de seulement 1,64 mm, ce chef-d’œuvre composé de 117 éléments fait la taille d’une pièce suisse de 20 centimes, de quoi attirer l’attention des collectionneurs encore aujourd’hui.

unnamedEn 1957, Piaget met au point son mythique 9P, un calibre à remontage manuel à l’époque considéré, avec ses 2 mm d’épaisseur, comme l’un des plus fin jamais conçu. Puis, la maison dévoile le 12P, calibre mécanique à remontage automatique de 2,3 mm d’épaisseur. Au fil des ans, Piaget cultive cette partie de son ADN :  parmi les 23 mouvements extra-plats construits successivement par la maison, 12 ont réussi à établir de nouveaux records dans leur catégorie. Avec sa gamme Altiplano, Piaget fait de l’extra-plat sa marque de fabrique, et présente d’ailleurs au salon SIHH de 2018 la montre Altiplano Ultimate Concept, consacrée montre la montre la plus plate du monde avec ses 2 mm d’épaisseur.

D’autres manufactures comme Audemars Piguet affichent une certaine légitimité dans cette course à l’extra-fin : dès 1921, le maison conçoit le calibre 17SVF#5, le plus fin du monde pendant longtemps avec ses 1,32 mm d’épaisseur. En 1978, elle obtient le record du calibre automatique Calendrier Perpétuel avec son 2120/2800 épais de 3,95 mm.

Calibre à remontage automatique ou manuel, complications, aujourd’hui, de nombreuses grandes manufactures peuvent se féliciter d’avoir battu un jour – voire même de détenir – un record de finesse dans un registre précis. Force est de constater que depuis toujours, la quête de la miniaturisation et donc aussi celle de l’extrême finesse des mouvements animent les horlogers… et fascine aujourd’hui les collectionneurs !

L’échappement à recul : premier régulateur de l’histoire

De tous les régulateurs inventés à ce jour, c’est celui qui est resté le plus longtemps en usage, même après l’apparition d’autres types d’échappements, du fait de sa robustesse. Il est utilisé dès l’apparition des premières horloges mécaniques, à partir du XIVème siècle, et également appelé échappement à roue de rencontre ou à foliot.

Ce type d’échappement avait pour objectif d’arrêter un court instant le dévidement du rouage de l’horloge pour lui éviter de s’emballer, donnant ainsi un rythme à l’ensemble. Il fonctionnait grâce à ce qu’on appelle un foliot, c’est-à-dire un balancier vertical sur lequel était fixé un axe avec deux poids à ses extrémités. À chaque mouvement, le foliot permettait l’échappement d’une dent de la roue de rencontre, qui enclenche alors le mécanisme.

L’inconvénient de ce type d’échappement était son grand manque de précision : les impulsions générées n’étaient pas isochrones, c’est à dire que le mouvement ne se produisait pas à intervalles de temps égaux. Conséquence ? La déviance pouvait atteindre 2h par jour !

L’invention du spiral par Christian Huygens en janvier 1675, basé sur le principe de l’isochronisme, permet à l’échappement à recul de gagner presque une décimale en matière de précision, et surtout d’être moins sensible aux mouvements. Une fois le spiral inventé, les horlogers ont tenté de créer, chacun à leur époque, l’échappement de montre le plus parfait et le plus efficace qui soit.

C’est à George Graham que l’on doit l’invention de l’échappement à cylindre, puis celui de l’échappement à ancre sans recul pour pendule, premier pas vers le système utilisé aujourd’hui dans la grande majorité de nos garde-temps. Déjà à l’époque, les horlogers s’accordent à dire que l’échappement libre, autrement dit l’organe de transmission ayant le moins de contact avec l’oscillateur, était la solution du futur pour créer des instruments de mesure du temps durablement précis.

unnamedEn 1759, Thomas Mudge met au point le premier système d’échappement à ancre pour montre de poche pour le roi Georges III. De leur côté, John Arnold et Thomas Earnshaw, deux horlogers anglais, travaillent chacun sur un échappement à détente, un système qui sera utilisé couramment au XIXème siècle pour produire des chronomètres de marine. On peut citer d’autres organes de régulation qui ont jalonné l’histoire de l’horlogerie : l’échappement à repos, à cheville, ou encore à virgule. Autant d’évolutions qui ont peu à peu amené les horlogers à des mécanismes plus complexes et plus précis, jusqu’à créer le célèbre échappement à ancre suisse.

De tous les échappements conçus et fabriqués, c’est l’échappement libre à ancre suisse mis au point par Thomas Mudge qui fut le plus adapté à la production en série. Baptisé « à ancre », parce que la forme d’un de ses composants ressemblait à une ancre de marine, ce mécanisme à mis du temps à s’imposer malgré sa précision, de nombreux horlogers lui préféraient le cylindre, voire même tous les autres types d’échappement existants.

C’est la généralisation des pierres d’horlogerie (rubis, saphirs ou spinelles), qui permettent de réduire au minimum les phénomènes de frottement, qui a permis de ramener l’échappement à ancre sur le devant de la scène.

Aujourd’hui, la grande majorité des montres utilisent ce mécanisme d’échappement à ancre, amélioré au fil du temps grâce à différents matériaux et techniques complexes dont les horlogers ont le secret !

De nos jours, les horlogers et grandes maisons continuent d’innover pour proposer, chaque fois, une nouvelle vision de l’horlogerie. On a ainsi vu apparaitre plusieurs évolutions de l’échappement à ancre.

Dernièrement, le département de recherche de Patek Philippe, « Patek Philippe Advanced Research », a notamment planché sur l’élaboration d’un groupe de régulation entièrement nouveau sur la base de composants en silicium, capables d’améliorer le rendement des montres sans en modifier le mode de fonctionnement (puisque seule la matière change).

L’utilisation du silicium se généralise, mais le principe même du système balancier-spiral de Huygens n’est jamais vraiment remis en question. En 2017, Zenith présente la montre Defy Lab et son nouvel oscillateur monolithique en silicium, présenté comme « le plus précis au monde ». Cet oscillateur n’est formé que d’une seule pièce de 0,5 mm, qui remplace le balancier-spiral et ainsi la trentaine de composants d’un organe régulateur standard.

Parmi les caractéristiques de ce nouveau mécanisme, on retient notamment sa précision hors-normes, avec une déviance de 0,3 seconde par jour, mais aussi sa capacité à conserver la même précision pendant 95% de la durée de sa réserve de marche. Cet oscillateur ne nécessite pas d’huile car il n’y a plus de frottements, et donc pas d’usure. Il est aussi insensible à la température, à la gravité et aux autres champs magnétiques.

Conclusion : au fil des siècles, l’organe régulateur de nos garde-temps à toujours été au cœur des préoccupations. Du premier mécanisme à recul aux systèmes modernes, qui ne nécessitent même plus de balancier-spiral, c’est une question qui a occupé tous les horlogers et qui a démontré qu’il était toujours possible de repousser plus loin les limites de l’horlogerie.

L’horlogerie au patrimoine de l’UNESCO

Depuis le 16 décembre 2020, le savoir-faire horloger et la mécanique d’art sont entrés officiellement au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Une nouvelle qu’on ne pouvait pas, en tant que passionnés de belle mécanique, s’empêcher de partager avec vous !

C’est une belle reconnaissance internationale pour ces métiers qui font la fierté de la Suisse et de la région de Besançon en France, et dont le savoir-faire à la croisée des sciences, des arts et de la technique représente une tradition emblématique du territoire.

Le dossier avait été soumis à l’Unesco en mars 2019, et porté par la Suisse et la France. Il proposait des mesures de sauvegarde de ces métiers-passion, notamment à travers des actions liées à la formation, à la transmission et à la sensibilisation autour des savoir-faire horlogers.

Le secteur horloger en Suisse

On vous en parlait dans l’un de nos tout premiers sujets, en 1541, une réforme protestante interdit le port d’ornements ostentatoires et notamment de bijoux. Les nombreux joailliers de Genève sont contraints de se reconvertir, et se tournent vers l’horlogerie.
unnamedL’horlogerie de Genève connaît rapidement un essor surprenant, sa réputation a déjà largement dépassé les frontières au début des années 1600. Le succès est tel qu’en 1601 naît la toute première corporation d’horlogers au monde : elle est baptisée « Maîtrise des horlogers de Genève ».
Dans les années 1700, les horlogers sont si nombreux et la concurrence si forte que plusieurs artisans décident de s’installer dans d’autres villes du pays : c’est le début de l’horlogerie suisse. À cette époque, l’orfèvre Daniel Jeanrichard met en place le système d’établissage, qui consiste à répartir les tâches entre plusieurs artisans-horlogers. Chacun d’eux se spécialise dans la fabrication d’un élément spécifique d’une montre, permettant d’augmenter considérablement les capacités de production et donc le volume d’exportation des montres suisses.

Aujourd’hui, l’horlogerie est le troisième secteur d’exportation en Suisse. En 2019, les exportations horlogères suisses représentent 21,7 milliards de francs suisses, soit environ 20 milliards d’euros. L’horlogerie suisse est présente sur les cinq continents et y exporte 95% de sa production.

La filière horlogère française

L’histoire de l’horlogerie à Besançon commence à la fin du XVIIIème siècle, lorsque quelques horlogers suisses installent les premiers ateliers dans la capitale régionale. Elle devient définitivement la capitale française de l’horlogerie lors de l’Exposition Internationale de 1860. Dans les années 1880, la ville produit 90 % des montres françaises, et malgré une crise dans les années 1890 et 1900, le secteur horloger se relève et poursuit sa croissance. À la fin du XIXe siècle, Besançon compte près de 400 ateliers d’horlogerie.
Besançon garde un rôle prépondérant dans l’horlogerie jusqu’à la crise des années 1930, mais le secteur décline progressivement après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, l’horlogerie reste bien présente dans la ville. Aujourd’hui, même si le nombre d’ateliers n’est plus que de 89, représentant 2 119 emplois dans la région, Besançon garde des traces indélébiles de ce passé : l’usine des horlogeries Dodane, le musée du Temps, l’horloge monumentale de la gare Viotte ou encore l’École d’Horlogerie de Besançon, devenue une institution reconnue à l’échelle nationale, en témoignent.

Aujourd’hui, l’activité horlogère bisontine représente 80 % de la filière française, avec une cinquantaine d’entreprises implantées dans le bassin du Grand Besançon et une trentaine dans le Haut-Doubs, dont plusieurs artisans indépendants.

Dans :
Par alpinea310montecarlo1975jeanluctherier
Le 5 avril 2020
A 17 h 49 min
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